02 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

Le colibri et les spectateurs

Il y a ceux qui ne font rien mais qui ont un avis sur tout. On les appelle les spectateurs de la vie. Si seulement ils pouvaient se contenter de regarder…

Le temps de l’Avent nous arrive sur le coin du bec sans avertir. Comme d’habitude. Onze mois que 2014 nous faisait miroiter ses atours et voilà qu’on en arrive déjà à réserver le foie gras pour le prochain Nouvel An. En lieu et place de la moins traditionnelle que lancinante leçon de morale de fin d’exercice où tout le monde il est beau et tout le monde il est (plus) gentil, oui au lieu de ce préchi-précha à deux balles qu’on nous assène avant chaque Noël, cette jolie légende amérindienne que m’a contée la semaine dernière une amie colombienne.

« Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Cette petite histoire, n’est-ce pas notre monde en résumé ?  D’un côté ceux qui ont peur d’agir et qui préfèrent légitimer leur position passive en stigmatisant les méthodes d’intervention des autres qui tentent de faire de leur mieux, avec leurs moyens respectifs.

Ceux-là, on les retrouve partout. Dans le sport, ce sont les autoproclamés spécialistes  « docteurs » qui ont réponse à tout et dont la critique abondante autant que fielleuse s’expriment depuis une position bien assurée, derrière les lignes de front, en arrière du comptoir de bistrot. Dans l’absolu, ce sont ces fameux « observateurs », nom magnifiquement choisi pour ces doctes poltrons qui restent les bras croisés et qui de leur piédestal installé en arrière-scène, bien à l’abri des responsabilités et des prises de décision, démontent à verbes mouchetés les initiatives de gens plus courageux qu’eux.

Alors que ce soit en 2014 ou en 2015 et jusqu’à perpète, c’est sans doute à ces couards et autres bien-pensants paresseux du bulbe, engoncés dans leurs certitudes que s’adressait en 2001 Russel Crowe alias John Nash, prix Nobel d’Economie dans « Un homme d’exception » lorsqu’il disait : « La certitude est le luxe de ceux qui ne seront jamais que spectateurs »

Article paru dans www.laliberte.ch du 02.12.2014

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

RESIDENCE ESSONIA |
Feabea |
Pays-Queyras |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Chipieetcanaille
| Unehistoiredeux
| Tengovacas