21 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

Le grave et l’important

 

Tragédie, catastrophes, drames. Le langage médiatique n’en peut plus de ces expressions qui pourraient nous faire croire que le sport est chose grave. Et pourtant…

La crise à Gottéron, le drame d’une équipe qui cherche son second souffle, la tragédie de tout une ville, un canton.

Idem à Sion où l’on a crié à la catastrophe tout le mois de septembre à la vue d’un club qui ne gagnait ni à l’extérieur, ni à la maison et qui en fait ne cherchait qu’un troisième endroit pour jouer ses matches et goûter à nouveau aux saveurs de la victoire.

Crise, drame, tragédie, catastrophe, les termes utilisés sont-ils réellement à la hauteur des enjeux que le sport convoque chaque fin de semaine ?

D’où la distinction primordiale entre l’important et le grave. Certes, dans le cœur des supporters, la victoire ou la défaite d’un club chéri relève de l’essentiel. Match gagné, week-end sauvé jubilent, toutes trompettes dehors, les plus chanceux, la gueule encore enfarinée après la cuite festive de la troisième  mi-temps. Match perdu, dimanche foutu déplorent , la mine affectée, les vaincus de la fin de la semaine. Mais au bout du compte, est-ce bien grave ? Demain est un autre jour, le week-end prochain, nouveau tour de championnat et les perdants d’hier renaîtront de leurs cendres encore chaudes pour ramener sourire et allégresse à leurs partisans. Donc, rien de grave.

Le sport professionnel, ne l’oublions jamais, demeure une industrie du divertissement. Du pain et des jeux clamaient les Romains. Et ils n’étaient pas aussi fous qu’Obélix voulaient bien le dire. Les jeux servaient à distraire le peuple, lui faisant oublier soucis et tracas du quotidien. Le sport, ce sont les jeux romains des temps modernes. Un entraîneur qui se fait jarter, c’est le pouce face contre terre au moment de décider de la mise à mort, ou non, du gladiateur. Rien de plus. Toujours rien de grave donc. Sur l’échelle des faits marquants à l’échelle mondiale, on frise quasiment l’insignifiance.

Plus notable, sur la liste des priorités humaines, on évoquera la santé. Dans l’ordre, la nôtre, celle de nos proches, de nos enfants, de nos parents. De fait, la maladie affectera notre moral sans doute davantage que le pourcentage en jeu de puissance du Lausanne Hockey-Club. Et la mort, au final, celle de nos amis, de nos proches, les guerres, la famine, les épidémies, n’est-ce pas là la vraie gravité ?

Alors, avant de se laisser mettre le moral à zéro avec des théories morbides, restons donc sur la note positive de la fin de semaine, à savoir qu’en sport, contrairement à d’autres domaines, rien n’est jamais perdu. Demandez donc aux joueurs de Gottéron samedi soir contre Davos en dernière période…

Article paru dans www.laliberte.ch du 21.10.2014

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